La RSE au coeur de l’entreprise 

Dans un contexte de transition écologique, chaque entreprise a un rôle essentiel à jouer. La mise en œuvre d'une véritable démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est incontournable. Il ne s’agit pas seulement de réduire les risques, mais aussi de découvrir et d’exploiter de nouvelles opportunités de croissance.

  1. Qu’est-ce que la RSE ? 

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est définie par la Commission européenne comme la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société. Cela implique un engagement volontaire des entreprises à intégrer des préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités économiques et leurs interactions avec les parties prenantes. En d’autres termes, la RSE concerne les actions des entreprises qui vont au-delà de leurs obligations légales envers la société et l'environnement.

La norme ISO 26000 publiée en 2010, est le premier standard international en matière de RSE. Cette norme est structurée autour de 7 thématiques : 

 
 

Ces thèmes offrent un cadre exhaustif permettant aux entreprises de couvrir tous les impacts potentiels de leurs activités. Bien que cette norme soit volontaire, elle sert de référence pour évaluer l’engagement des entreprises en faveur du développement durable ainsi que leur performance globale. Par exemple, dans le thème de l’environnement, la norme encourage des actions concrètes comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la prévention de la pollution.

II. La mise en pratique : transformer les principes en actions

Adopter une démarche RSE permet à une entreprise de rester compétitive tout en étant durable et rentable. Pour cela, il est essentiel de s’appuyer sur trois piliers : économique, social et environnemental. 

Prenons l'exemple d'une entreprise de production alimentaire qui décide d’intégrer la RSE dans sa stratégie. 

Pour commencer, il est essentiel de réaliser un état des lieux des émissions de l'entreprise, tel qu'un bilan carbone, afin d'avoir une vision globale de son impact environnemental. Cette évaluation permet d'identifier les actions prioritaires.

Par exemple pour une entreprise qui produit et vend des produits comme Décathlon, Leroy Merlin, ou autre : Ce qui pèse le plus dans le bilan carbone ce sont les produits. 80% des impacts d’un produit sont déterminés au moment de sa conception (source : Orée). 

A partir de cette analyse, l’entreprise pourrait adopter des pratiques d’éco-conception pour ses emballages en réduisant l’utilisation de plastique et en favorisant des matériaux recyclables ; mais également pour la conception globale des produits, en réduisant leur empreinte écologique dès le stade de leur développement. 

En parallèle, elle pourrait mettre en place des achats responsables en sélectionnant des fournisseurs qui respectent des normes éthiques et environnementales strictes. Des formations adaptées permettent justement aux employés de se préparer à adopter ces nouvelles pratiques.


Pour mesurer l’impact de ces initiatives, l’entreprise pourrait utiliser des indicateurs de performance RSE comme le pourcentage de réduction du nombre de déchets plastiques, le pourcentage de diminution de l'empreinte carbone de ses produits, ou encore le taux de satisfaction des consommateurs par rapport à ses engagements environnementaux.

III. Les défis de l’intégration 

Parmi les avantages notables de la RSE figurent l’amélioration de la marque employeur, la fidélisation des clients, le renforcement des relations avec les fournisseurs, la réduction des coûts (et oui parfois ! Par exemple, si un écoconcepteur réduit la quantité de matière d’un produit), et une meilleure maîtrise des risques d’approvisionnement long-terme. 

Mais l’intégration de la RSE dans la stratégie globale peut être complexe, en particulier pour les PME qui disposent de moins de ressources. La clé du succès réside dans l’adoption d’initiatives concrètes et mesurables, qui peuvent ensuite être élargies progressivement.

Pour rendre une offre plus durable l’entreprise pourrait :

  • Optimiser les processus de fabrication pour réduire l’empreinte écologique, soit en modifiant directement ses pratiques de production, soit en impulsant une démarche dans son écosystème.

  • Améliorer le sourcing en utilisant des matières premières à faible impact environnemental.

  • Mettre en place une démarche d’achats durables, favorisant les fournisseurs locaux et/ou ceux respectant des normes environnementales strictes.

  • Réduire l’impact de la distribution en optimisant les trajets, en favorisant les circuits courts ou en adoptant des modes de transport moins polluants. 

  • Prendre en charge la fin de vie des produits, par la collecte, le recyclage, la réutilisation ou la réparation. 


Un autre défi majeur est le greenwashing, c’est-à-dire l’utilisation de la RSE à des fins purement marketing sans engagement réel. Les entreprises doivent être authentiques dans leurs démarches, car le greenwashing peut gravement ternir leur réputation et compromettre leur crédibilité, comme cela a été le cas avec H&M.

IV. Les enjeux : impliquer toutes les parties prenantes

Pour que la démarche RSE soit efficace, il est essentiel d’impliquer toutes les parties prenantes de l’entreprise (c'est-à-dire tous les acteurs en interaction avec l’entreprise), qu’elles soient internes ou externes : 

  • Parties prenantes internes : dirigeants, collaborateurs, actionnaires, syndicats, CSE-représentants du personnel, etc.

  • Parties prenantes externes : clients ou consommateurs, fournisseurs, acteurs locaux, pouvoirs publics, banques, etc.

En collaborant avec ces acteurs, les entreprises peuvent mieux anticiper et tirer parti des évolutions des attentes sociétales et des conditions de marché, tout en développant de nouvelles opportunités et en créant des perspectives de croissance. Cette coopération permet de renforcer l’ambition de leur démarche RSE et d’amplifier leur impact collectif, y compris en travaillant avec leurs concurrents. La coopération, en effet, a plus d’impact que la compétition !

En effet, la RSE ne doit pas être perçue comme une responsabilité exclusive d’un département spécialisé, mais comme un enjeu qui concerne l’ensemble de l’organisation. La cantonner à un département dédié peut créer une distance entre les collaborateurs et les objectifs de transition écologique, renforçant l’idée que c’est le “sujet d’un autre”. En réalité, la RSE doit être intégrée à la stratégie globale de l'entreprise et à chaque département métier. Cette intégration est cruciale pour éviter que les collaborateurs ne se désengagent, pensant que la responsabilité relève uniquement du département RSE ; d’où l’intérêt de former les collaborateurs !


V. Conclusion : vers une intégration globale de la RSE

La RSE ne doit pas être perçue comme un simple ajout à la stratégie d’entreprise, mais comme un levier essentiel pour une transformation durable. En intégrant la RSE dans chaque aspect de leurs opérations, les entreprises ne se contentent pas de répondre aux défis environnementaux et sociaux de notre époque, mais anticipent et respectent la réglementation, créent également des opportunités de croissance, renforcent leur résilience face aux évolutions du marché et augmentent leur avantage concurrentiel.

Pour que cette démarche soit véritablement efficace, elle doit être diffusée à travers tous les départements et adoptée par chaque collaborateur (par exemple, les équipes produits peuvent mesurer l’impact de leurs produits et être en veille sur des solutions qui permettent de le réduire), quel que soit son rôle. Cela nécessite non seulement des formations adéquates, mais aussi un engagement fort de la part des dirigeants et de la gouvernance pour faire de la RSE une priorité stratégique. A ce sujet, l’étude publiée par l’Hebdo des AG et le cabinet d’avocats Avanty estime que, désormais, 67 % des dirigeants du CAC 40 ont un bonus dépendant de leur stratégie climat, c’est notamment le cas de Danone. C’est géant ! 

Finalement, la réussite de la transition écologique et sociale dépendra de la capacité des entreprises à intégrer pleinement la RSE dans leur culture. Ce n’est qu’en mobilisant l’ensemble des métiers et des parties prenantes que les entreprises pourront assurer leur pérennité tout en contribuant activement à un avenir durable.

Rédigé par Aude Vaussy

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